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De quoi la mobilité en entreprise est-elle le nom ?

Thomas Ranchon, Key Account Sales Manager chez Samsung Electronics France, Nicolas DANOY, Responsable Département Digital Workspace et David Da Silva, Directeur Technique Digital Workspace pour SCC, reviennent sur un phénomène pluricausal, l’explosion de la mobilité.

 

À la fois levier de productivité, réponse au désir de flexibilité, solution d’optimisation de l’immobilier d’entreprise, clé de la continuité d’activité, axe d’une politique RSE, la mobilité se révèle être la traduction d’un changement profond des comportements des collaborateurs et des stratégies des entreprises, dans un écosystème large auquel elles participent et qu’elles influencent.

 

Est-ce à la crise sanitaire que l’on doit la forte adoption des outils de mobilité au travail ?

David Da Silva : C’est en partie vrai, mais la crise est surtout à l’origine de son accélération. C’est à travers la course à la compétitivité des entreprises qu’il faut surtout chercher la clé de son adoption. La compétitivité d’aujourd’hui se traduit par la mise sur le marché d’applications mobiles ultras performantes et de services numériques de plus en plus centralisés autour d’un seul et même outil, le smartphone. Que l’on badge à l’entrée de son immeuble, que l’on paye sans contact ou en ligne, que l’on signe, que l’on valide, lise ou corrige, le smartphone devient l’emblème d’une mobilité universelle et la mobilité, le chemin pris par l’économie numérique.

 

Quel est l’argument majeur des entreprises en faveur de la mobilité ?

DDS : En entreprise et pour les collaborateurs, la compétitivité se traduit par la productivité. Et l’on constate que les collaborateurs aujourd’hui sont plutôt suréquipés, dotés d’un laptop, d’une tablette et d’un smartphone, tous dédiés à des usages spécifiques, alors que les appareils mobiles peuvent représenter un coût plus élevé qu’un équipement fixe. À ce titre, la mobilité apparaît comme un vecteur de productivité, qui primera sur la dépense.

Naturellement, il faut y voir également la volonté de ne pas reproduire le traumatisme du passage en urgence au télétravail, sans stratégie de déploiement, ni moyen, ni sécurité.

 

Thomas Ranchon : En effet, les entreprises prennent le temps d’étudier les solutions de management d’appareils mobiles disponibles, permettant un déploiement fiable et sécurisé où que le collaborateur travaille. Elles veulent doter correctement les équipes, tout en répondant aux exigences de sécurité sur lesquelles beaucoup ont dû faire l’impasse il y a un an.

 

Faut-il nécessairement lier mobilité et télétravail ?

Nicolas DANOY : Non et tout dépend réellement de la stratégie de l’entreprise. Nous constatons des volumes très importants de devices mobiles commandés, mais leurs vocations sont variées. La mobilité n’est pas forcément dédiée au seul télétravail. C’est aussi un argument, une occasion de repenser l’urbanisation de l’environnement de travail en fonction des nouveaux usages, en laissant en libre accès des salles de réunion, des bureaux, des espaces de coworking et tout en réduisant la surface immobilière et les coûts énergétiques. D’un côté il s’agit bien de permettre une continuité d’activité, quel que soit le lieu et même en temps normal, de l’autre, de réguler les dépenses.

 

La mobilité soulève-t-elle une question environnementale ?

DDS : C’est assez paradoxal. Il semblerait que le télétravail ne présente pas de bilan énergétique si positif que cela, compte tenu de la multiplication des visioconférences et des temps de déplacements des collaborateurs qui se sont allongés. Mais il participe en revanche au confort et à la qualité de vie au travail des collaborateurs, dont on sait mesurer les bénéfices. C’est aussi l’illustration d’une adoption réussie des nouveaux usages, contre laquelle il serait contre-productif d’aller, particulièrement avec les nouvelles générations hyperconnectées.

En revanche, la mobilité au sens large est sous-tendue par un mouvement de fond de réalisation des engagements environnementaux. Entre la récente loi AGEC et les politiques RSE menées, les appels d’offres et marchés d’équipements mobiles prennent un nouveau visage, à commencer par des critères d’écoresponsabilité dont l’effet de pondération sur le choix d’une offre peut vraiment faire pencher la balance.

La multiplication des devices mobiles par collaborateurs n’entre-t-elle pas en contradiction avec ces efforts ?

ND : C’est juste. Il manque encore en France la définition d’une véritable stratégie de mobilité. Avec le Cloud, la performance atteinte en mémoire comme en stockage par les smartphones aujourd’hui et le déploiement de la 5g (bien que la 4g suffise amplement pour la plupart des utilisations), il est possible de faire la majorité de son travail à partir d’un seul outil. Pour cela, il faut prendre le temps de réfléchir aux pratiques de ses collaborateurs.

 

TR : Si l’on tient compte de la mise à disposition de périphériques (écran, clavier, souris dans les bureaux) et des solutions de management mobile permettant de distinguer très clairement l’espace professionnel et l’espace personnel, jusqu’au départ du collaborateur par exemple, beaucoup d’appareils font soit double emploi, soit se montrent inadaptés à cette mobilité galopante, parce que vieillissants ou peu réparables. Un seul outil très performant vaut mieux que trois mal sécurisés.

 

DDS : C’est aussi poursuivre sur sa lancée et savoir profiter de ces nouvelles organisations pour affiner sa transition. La France est rarement précurseure en matière d’adoption IT mais il serait dommage de ne pas pousser la réflexion jusqu’au bout. Entre les conditions sanitaires qui n’incitent pas aux grands regroupements, les avantages pour les collaborateurs, les économies réalisées, les engagements RSE qui se concrétisent à travers ces nouveaux matériels, la mobilité revêt un caractère multidimensionnel qui mériterait vraiment d’être étudiée de manière transversale en entreprise.

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