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Où en est l’intelligence artificielle dans les entreprises ?

L’Intelligence artificielle est en passe de transformer tous nos usages. Les expérimentations se multiplient, des modèles d’affaires se construisent sur la base de son exploitation et son développement s’accélère sous l’effet de nouveaux besoins de masse. Mais des freins persistent pour passer cette technologie à l’échelle. Christophe Legrand, Country Manager France chez Nvidia, leader du calcul IA, nous livre son point de vue.

 

Aujourd’hui en France, qui traite de l’intelligence artificielle ?

Toutes les entreprises avec lesquelles nous engageons des discussions partagent le même avis et perçoivent l’IA comme la technologie qui deviendra la plus puissante dans les quelques années à venir. Mais il faut distinguer ces entreprises selon leurs approches, lesquelles définissent des profils progressant à des rythmes divers.

Avec les grands groupes du CAC40, l’intelligence embarquée, la modernisation de l’infrastructure autour de la 5G (voire la 6G) et les ressources edge sont les thématiques les plus couramment abordées. Tous, ou quasiment, ont construit des laboratoires d’IA, y compris dans les grandes banques. Leur stratégie relève de la R&D sans nécessairement (encore) mettre en œuvre les cas d’usages permettant de déployer l’IA à l’échelle.

A contrario, de nombreuses startups spécialisées en informatique quantique et biotech, dont l’IA est l’outil de travail, ont besoin de capacité de calcul à haute intensité immédiatement. Leurs modèles d’affaires concrétisent une intelligence artificielle absolument opérationnelle. Ce sont elles d’ailleurs qui adoptent des infrastructures en interne, comme nos plateformes logicielles et matérielles NVIDIA, pour obtenir des performances de calcul qu’elles ne trouvent pas dans le Cloud.

 

À quoi doit-on, dans les grands groupes, ce relatif engourdissement opérationnel ?

D’une part, l’agilité de l’organisation est un critère important pour l’application de l’IA. Si la volonté d’accélérer sur cette technologie est là, la capacité de change management fait encore défaut. Mais, le modèle pyramidal des grandes entreprises n’explique pas tout. D’autant que le Cloud qu’elles ont toutes adopté pour ce besoin d’agilité les freine par ailleurs en termes de puissance de calcul.

Il faut aussi comparer les investissements français avec ceux des pays nord américains, asiatiques et dans une moindre mesure, européens, qui budgètent leur IA de façon nettement plus musclée. La France a beaucoup misé sur les partenariats publics-privés en la matière. En s’associant à d’importants organismes de recherche publics, gros consommateurs de capacités de calcul, les grandes entreprises profitent certes d’une partie des infrastructures publiques, mais le fait qu’elles n’en disposent pas en propre freine le processus, c’est évident.

Peut-on alors encore parler de frilosité vis-à-vis de l’IA en France ?

Oui, parce que c’est une question de confiance d’abord. Quelques groupes continuent d’attendre une vision plus claire de la position du gouvernement vis-à-vis de l’exploitation de l’IA. La régulation et son application est une problématique très franco-française. Ailleurs en Europe, les investissements accélèrent. La France suivra très certainement, mais avec un retard qu’il sera peut-être délicat de rattraper, à plusieurs points de vue, commerciaux naturellement mais également au titre de notre indépendance. La souveraineté de la donnée est pourtant un grand sujet national, dont la préservation n’est possible qu’en investissant massivement dans nos champions français, pour fournir cette Intelligence as a Service au plus grand nombre.

 

En quoi cela changera-t-il la donne ?

Parce que l’intelligence artificielle est destinée demain à tous nos modèles de consommation, d’usage, de développement et de croissance, quel que soit le ROI immédiat, et peut-être même malgré lui, au moins au début. À ce titre, elle drainera une très importante consommation en infrastructures et puissance de calcul.

Ce sont les technologies NVIDIA qui ont participé à la découverte d’une partie de la protéine Spike récemment. C’est avec l’IA également que nous pouvons mieux contrôler le respect des règles sanitaires dans tous les lieux accueillant du public, en temps réel, ou adapter une jauge au pied levé en fonction de la fréquentation constatée. Ces mêmes technologies deviennent des nécessités d’une part et d’autre part transforment le service à la clientèle et aux citoyens, que l’on soit une collectivité, une chaîne de magasin ou un fournisseur d’énergie. L’ensemble de ces acteurs auront besoin de ressources informatiques au plus près des besoins, dans des datacenters de proximité ou auprès d’hébergeurs nationaux pour consolider leurs stratégies d’investissement et s’équiper massivement.

L’IA bouleverse nos rapports au monde mais les infrastructures de la société civile sont-elles prêtes ? Les collectivités s’intéressent, elles aussi, aux véhicules autonomes, aux bâtiments intelligents et à la façon dont elles les intègrent dans le schéma actuel.

L’intelligence artificielle s’intègre déjà largement à nos habitudes et si elle peut à terme modifier la façon dont il faudra concevoir ici une infrastructure autoroutière, ici un entrepôt, elle n’a pas besoin d’attendre ce genre de changement pour prendre forme.

Nous avons en cours des expérimentations très sérieuses avec des partenaires industriels qui deviendront des réalités tangibles d’ici quelques années à peine sans nécessité de refondre la totalité d’un système, bien au contraire. C’est justement à cela que sert l’intelligence embarquée. Et c’est le parti que prend NVIDIA, en aidant les constructeurs à accélérer l’autonomie de l’IA qu’ils utilisent. Et tous les secteurs sont concernés.

Nous sommes en train de mettre au point des solutions qui permettront de développer des logiciels que l’on n’imaginait même pas il y a encore très peu de temps. Dans seulement deux à trois ans, l’IA fera basculer les entreprises vers des modèles de services et de production qui initieront à leur tour de nouvelles transformations, et pourquoi pas de nouvelles façons de concevoir la gestion de l’espace que nous occupons.

 

L’intelligence artificielle avec NVIDIA

 

 

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