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J’ai testé les lunettes Thinkreality A3 de Lenovo

Veille Innovation – Tribune de Frédéri Mandin

 

La semaine dernière, j’ai eu l’occasion de prendre en main les nouvelles lunettes Thinkreality A3 de Lenovo, et j’aimerais au travers de cette tribune, vous faire un retour d’expérience.

Je manipule de manière plus ou moins régulière les Lenovo A6, les ancêtres des A3. J’ai eu de multiples occasions de tester des Hololens 1 & 2, mais pas de manière prolongée. Je suis un tech, peu axé sur la partie développement, j’ai donc essayé de me positionner en tant qu’utilisateur standard.

Je vais essayer de relater l’expérience en deux temps : le matériel, puis la partie logicielle. Cela pour au moins une raison : le matériel est encore un sujet très important de ce marché de l’AR, qui se cherche encore.

 

Le matériel (un unboxing!)

 

Le pack A3 est livré dans une petite mallette, similaire à celle des A6, mais bien plus petite, environ de la taille d’une petite trousse de toilette, ou d’une très grosse boîte de lunettes (5cmx5cmx15cm). Cette mallette regroupe les lunettes et ses accessoires : branches et nez de rechange, verres adaptés à votre vue, câble de connexion. La mallette ne contient pas le smartphone ni aucun module de compute.

Un point important, les lunettes ne sont pas autonomes. Elles devront donc être raccordées soit à un smartphone pour un usage mobile, soit à un PC pour un usage bureautique. Je reviendrais sur les usages dans la partie logicielle.

À la première prise en main, les lunettes sont légères (180g environ). Pour comparaison :

  • Lenovo A3 : 130g (sans le module compute)
  • Lenovo A6 : 380g (sans le module compute déporté)
  • Hololens 2 : 566g (complet, avec batterie et compute embarqué)
  • nReal Air : 80g annoncés (mais ce ne sont qu’un écran, aucune caméra ni capteur, et pas de compute)

Les lunettes sont très légères pour ce type d’appareil, mais loin des 30g d’une paire de lunettes de vue.

Les deux paires de branches permettent d’ajuster la longueur et de serrer le crâne. À noter que les A3 ne font pas le tour de la tête. Elles se portent comme des lunettes classiques. Les branches permettent d’être plus à l’aise et de mieux tenir les lunettes lorsque l’on est en mouvement. Différentes plaquettes nasales apportent également plus de confort.

Quelques dernières informations avant de les essayer : il n’est pas possible de porter des lunettes de vue ou de protection en plus des A3. Cela a deux conséquences :

  • Pour les verres de correction, Lenovo fournit un exemple de support pour la fabrication de verres à votre vue. Il faut compter entre 200 et 300€, ce qui n’est pas négligeable.
  • Pour les verres de sécurité, les A3 sont compatibles avec la norme ANSI Z87.1. De petites ailettes ferment le champ sur les côtés. Cela ne valide pas un usage en protection contre les explosions ou pour la plupart des salles blanches, mais permet déjà de les utiliser en milieu industriel « simple ».

Enfin, pour conclure sur les accessoires, les lunettes sont proposées avec deux types de « verres » :

  • soit transparents, pour un usage en mode AR le plus ouvert possible (on voit à travers et donc on voit le monde qui nous entoure)
  • soit sombres, simplifiant certains usages plus immersifs.

J’ai testé les verres transparents uniquement.

 

À présent, enfilons ces lunettes !

 

Première impression, elles sont très légères ! Évidemment, on ne les sent pas comme un casque, même si elles sont posées sur le nez. Cela peut même être un peu traître, car on ne perçoit pas forcément le volume que les lunettes représentent en avant de notre visage. Regardez donc sur la photo (et inutile de commenter le modèle qui porte les lunettes) :

On peut voir que le port d’un casque de sécurité est largement compatible.

Le champ de vision « réel » est assez large, avec une barre sombre sur le haut. Il semble peu pertinent de porter ces lunettes lorsque l’on se déplace, et que l’on n’a pas besoin de l’affichage. D’autant plus qu’elles remontent vite sur le front.

 

Ce que l’on ne voit pas : il y a un câble (USB C), qui relie les lunettes à l’appareil choisi (smartphone ou PC). Ce câble se connecte sur la branche gauche des lunettes et est guidé derrière l’oreille, pour aller ensuite vers l’appareil. C’est vraiment bien fait, aucune gêne, même en mouvement.

Après un certain temps de port (j’ai dû garder les lunettes une petite heure), on ne sent pas vraiment le poids. C’est uniquement lorsque je les ai enlevées que je me suis aperçu de la pression ressentie sur le nez. Rien de douloureux, mais la sensation est restée. Je n’ai pas testé avec des supports différents, mais on doit pouvoir trouver un bon compromis.

Passons donc à la partie logicielle, et aux usages réels !

 

L’usage en conditions !

 

Deux modes d’utilisation sont prévus : mobile et PC. Le mode mobile est similaire à ce que l’on connaît déjà pour les usages avec des Hololens, des Thinkreality A6, etc.

Le mode PC est entièrement nouveau et ouvre un potentiel assez incroyable!

 

L’usage mobile

Commençons par le mobile. Vous devez d’abord connecter un mobile compatible et configurer vos applications. J’ai utilisé le mobile d’un ami, et je n’ai donc pas pu expérimenter la première utilisation. Une remarque cependant : un seul mobile est actuellement compatible sur le marché, le Motorola moto g100. Cela va évoluer, mais c’est toutefois à prendre en compte pour un usage en entreprise, en vue de l’intégrer à une flotte de mobiles.

Cela m’amène à une seconde remarque : Lenovo fournit une plate-forme de gestion des outils et applications XR, la plus complète dans ce domaine. Le fonctionnement des A3 en tant qu’écran est un peu spécifique, et permet de gérer l’appareil au sein de l’IT, comme un mobile parfaitement classique sous Android.

Il suffit de connecter le câble au smartphone pour démarrer. Le premier avantage par rapport à des A6 ou des Hololens, c’est que l’on a un smartphone comme commande avec beaucoup d’applications compatibles, et un contrôle plus simple. Toutes les opérations d’authentification peuvent se faire en s’aidant du téléphone (ceux qui ont testé un clavier virtuel où l’on sélectionne les lettres une à une pour entrer une adresse email ou un mot de passe complexe me comprendront…). De même, une bonne partie des réglages peut se paramétrer depuis l’application mobile.

L’écran d’accueil des lunettes permet de lancer les applications et d’accéder aux paramètres. C’est clair et simple. On retrouve cependant un petit souci déjà connu sur les A6 : le comportement des mires de sélection (lancement d’une application ou sélection d’une icône) n’est pas toujours homogène entre les menus. Rien de grave, mais c’est parfois un peu déroutant. En tout cas, le premier abord a énormément progressé par rapport à une A6.

Pour tester la partie logicielle, plusieurs options se sont offertes : Microsoft Teams, Holo One Sphere ou Ducati. J’ai essayé l’application Ducati explorant un modèle 3D d’une moto Ducati.

La luminosité et la résolution de l’image sont bluffantes. J’aurais aimé pouvoir vous montrer cela, mais c’est encore un peu compliqué.

On a vraiment l’impression que le modèle est présent, on tourne autour, on s’approche pour mieux voir à l’intérieur… La démonstration est assez simple, mais on sent le potentiel d’usage vraiment efficace en entreprise : collaboration en AR, affichage de guides et procédures en parallèle de la réalité, etc.

Pour tester la partie logicielle, plusieurs options se sont offertes : Microsoft Teams, Holo One Sphere ou Ducati. J’ai essayé l’application Ducati explorant un modèle 3D d’une moto Ducati.

La luminosité et la résolution de l’image sont bluffantes. J’aurais aimé pouvoir vous montrer cela, mais c’est encore un peu compliqué.

On a vraiment l’impression que le modèle est présent, on tourne autour, on s’approche pour mieux voir à l’intérieur… La démonstration est assez simple, mais on sent le potentiel d’usage vraiment efficace en entreprise : collaboration en AR, affichage de guides et procédures en parallèle de la réalité, etc.

Une petite note d’ailleurs : comme il est possible de recentrer simplement grâce au smartphone la vue virtuelle, il est très facile de replacer les objets par rapport à l’environnement physique, afin de mieux les voir ou de mieux travailler. Cela paraît anodin, mais dans un usage réel, c’est assez capital.

Je n’irai pas beaucoup plus loin dans les usages mobiles, nous connaissons déjà ces différents cas et applications possibles. Par contre, pour ce qui est du PC…

 

L’usage PC

Premier essai bluffant, celui de l’écran virtuel. On duplique l’écran du PC dans les lunettes en plus grand. On passe d’un écran de 30-40cm à un écran de… plusieurs mètres ! Je n’ai pas les chiffres exacts, mais le problème en devient la résolution et la taille des caractères.

Pour être honnête, on se heurte rapidement à un problème de taille : l’écran est tellement grand qu’il ne rentre pas dans le champ d’affichage des lunettes. Il faut trouver le bon compromis entre la taille de l’écran, la taille des caractères, et les mouvements de tête nécessaire pour parcourir l’écran. Mais le résultat est tout simplement impressionnant !

La luminosité est très bonne et on se retrouve à penser à regarder un film tranquillement dans un train ou un avion, avec un petit home cinéma dans la poche! Oui, ce n’est pas forcément le premier usage professionnel qu’il va falloir démontrer, mais difficile de ne pas y penser.

Et ce n’est pas fini, en mode PC, vous pouvez ajouter très facilement jusqu’à 5 écrans virtuels, il me semble, pour lancer un mode multidisplay immense. Oui, Minority Report, on y est presque. J’ai testé avec 3 écrans, et le résultat est pas mal du tout ! On obtient un affichage immense et complètement confidentiel, avec possiblement zéro recul nécessaire (on reparle du train ou de l’avion? Ou bien même d’un environnement industriel par exemple?).

 

En conclusion

La partie matérielle est vraiment intéressante. On avance clairement dans la portabilité et le confort. Le choix du compute externe semble être la bonne direction, plusieurs constructeurs allant dans ce sens. Ce ne sont pas encore des lunettes que l’on va porter toute une journée, semble-t-il, mais la portée de cette technologie est très prometteuse. Les réglages de luminosité, distance,…, permettent un bien meilleur confort que les générations précédentes. Et la légèreté rend les mouvements du porteur bien plus naturels.

La partie logicielle ouvre d’énormes potentiels, que ce soit sur mobile ou sur PC. C’est encore un début. Un énorme travail va devoir être effectué par l’ensemble des acteurs du marché pour travailler sur de nouvelles interfaces et de nouveaux modes d’interaction.

 

Et après ?

Il faudra bien sûr tester ces appareils sur des temps de travail plus longs pour confirmer plusieurs objectifs :

  • le confort matériel (poids, vision, gestion de l’espace et de l’équilibre, etc.),
  • les points de vigilance sur les usages,
  • le potentiel du mode PC.

Pour ce dernier, il ne s’agit pas de travailler sur un PC quelques minutes, mais des journées entières. Reste à imaginer les usages réels et les populations bénéficiant de ces nouveaux modes d’interaction.

En tout cas, un grand merci à Lenovo et à Loic Beauvillain, pour ce test et pour tout le travail effectué sur ces lunettes! L’avenir approche!

 

 

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