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Digitalisation du secteur public : aux claviers, citoyens !

La crise sanitaire et les confinements successifs ont mis en évidence la nécessité d’accélérer la transformation digitale des administrations et des collectivités, tant pour mieux servir les agents que les usagers. De multiples initiatives ont été lancées dans l’urgence, en temps de crise. Il est désormais temps de consolider ces acquis pour établir les fondements d’un nouvel environnement numérique de confiance dans une perspective d’optimisation de l’expérience des agents publics et des citoyens.

 

Tous « homo numericus »

Certes, il ne s’agit pas du début de l’histoire. Malgré l’échec de certains projets d’informatique publique (les acteurs du privé n’en sont pas exempts non plus), de nombreuses initiatives ont abouti ces dernières années. Parmi les exemples les plus notoires, on pense notamment à la numérisation des impôts, à la gestion financière Chorus, ou encore à l’Agence Nationale des Titres Sécurisés (ANTS) et aux nombreuses démarches en ligne qu’elle propose.

En revanche, la sphère publique accuse toujours un retard significatif sur le plan des infrastructures : ces dernières sont vieillissantes, il y a peu d’hyperconvergence, les postes de travail fixes restent la règles, etc… Pour beaucoup d’administrations, la crise sanitaire et les confinements qu’elle a entrainé ont fait office d’électrochoc, jetant une lumière crue sur leur dette technique.

Cette dernière a ralenti et même empêché l’État et les collectivités de mettre à disposition des citoyens et de leurs agents un environnement numérique pertinent, fiable et pérenne.  Il n’a pas non plus toujours été possible de déployer ce qui pouvait l’être d’une manière garantissant la sécurité et l’intégrité des données utilisées. L’objectif visant à accroitre de manière critique l’autonomie des usagers du service public pour permettre aux agents publics de se concentrer sur leurs missions à valeur ajoutée est loin d’être atteint.

Or, comme le souligne Emmanuel Lempert, VP Government Affairs chez SAP, « Il est important de rappeler que le taux de réticence à la numérisation des métiers n’est pas plus élevé dans la fonction publique qu’ailleurs. L’agent public est un homo numericus comme les autres dans sa sphère privée : les efforts de conviction et d’accompagnement au changement sont donc globalement identiques dans tous types d’organisations ».

 

Mobilité et performances : objectifs premiers de l’accélération digitale

L’ombre de la crise sanitaire a  transformé le télétravail en réalité massive, y compris à la faveur des retours relatifs et progressifs à « la normale ». Qu’elle soit vécue comme une opportunité ou comme une contrainte, cette nouvelle réalité a hissé la question de la mobilité au sommet de la hiérarchie des préoccupations liées à la transformation digitale du monde du travail. Beaucoup d’actifs, agents publics compris, souhaitent gagner en flexibilité et pouvoir varier les lieux et les temps de travail.

« Ce souhait est bien antérieur à la crise, poursuit Emmanuel Lempert : cette dernière a, évidement, agi comme un perturbateur mais aussi, et surtout, comme un révélateur du besoin, pour beaucoup d’administrations, d’accélérer la modernisation des infrastructures permettant cette flexibilité, notamment à travers l’acquisition d’un parc de machines portables et de solutions logicielles adaptées ».

Cela est d’autant plus vrai pour les agents publics très présents en extérieur et ne se consacrant pas à des tâches purement administratives :  agents de l’ONF, policiers, postiers, etc… « A cette fin, nombreuses sont les administrations qui doivent désormais adopter une politique dite mobility first », insiste le VP de SAP.

 

Pas d’accélération numérique sans confiance

Cependant, si un meilleur environnement numérique accroît naturellement l’efficacité des agents, il n’en demeure pas moins impératif de rigoureusement satisfaire toutes les exigences de sécurité qui l’accompagne nécessairement. La diffusion des nouveaux usages doit reposer sur de la confiance et cette dernière ne peut se construire qu’à travers des dispositions techniques et juridiques claires et adaptées.

Les questions de cybersécurité, corolaires de l’accélération de la transformation digitale, sont devenues prégnantes. Les professionnels comme le grand public découvrent tous les jours les nouveaux risques et vulnérabilités qui en découlent ; souvent à travers les médias mais aussi, de manière beaucoup plus structurée, grâce au travail de fond mené par l’ANSSI depuis de nombreuses années.

« Pour autant, il ne s’agit pas de faire du copier-coller : toutes les données ne sont pas stratégiques. Les protections doivent trouver leur juste mesure en fonction des cas. Les systèmes doivent être adaptés aux situations pour ne pas handicaper les usages », rappelle Emmanuel Lempert.

En effet, des dispositifs de sécurité surdimensionnés mineraient tout autant la confiance et minoreraient drastiquement les dividendes d’efficacité perçues par les utilisateurs.

Le volontarisme teinté par le souci du juste équilibre doit donc être la règle.

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